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Le groupe "Personnes sans papiers et droits économiques" consituté au sein du collectif drômois pour la dignité et contre la apuvreté s'est réuni une fois par mois depuis le mois d'octobre. Il est composé d' une quinzaine de membres qui sont soit demandeurs d'asile, soit demandeurs d'une carte de séjour, soit indignés par la situation économique des personnes dans les situations ci-dessus. Certains d'entre eux peuvent avoir reçu une demande de quitter le territoire.
Le groupe a décidé, pour connaître mieux la situation des personnes d'aller à la rencontre du plus grand nombre possible et d'effectuer auprès d'eux une enquête qui porte essentiellement sur leurs conditions de vie : Comment se nourrissent-ils ? Comment se logent-ils ? Comment se déplacent-ils ? Comment se soignent-ils ? Comment subviennent-ils à la scolarité de leurs enfants ? Avec combien de ressources mensuelles vivent-ils ? Enfin, s'ils avaient plus d'argent à quoi le consacrerait-ils ?
Nous avons rencontré de nombreuses personnes mais seules une trentaine ont accepté de répondre au questionnaire. Voilà les résultats :
Cela concerne 40 adultes et 24 enfants dont la majorité des adultes ont été à un moment en situation régulière avec permis de travail.
Pour le logement :
15 personnes soit 48 % sont hébergées par des amis, des militants ou la famille
6 personnes soit 19 % paient un loyer
4 personnes soit 13% sont hébergées par le 115 (accueil d’urgence)
3 personnes soit 9 % sont logées au CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile)
3 personnes soit 9 % logent dans des squats
Ce qui signifie que plus de 61 % sont hébergées par solidarité individuelle ou organisée et donc en totale dépendance pour le logement.
Pour la nourriture :
7 seulement soient 22 % peuvent acheter de la nourriture, les autres - 78%- sont nourris par les associations caritatives ou par des tiers. Ceux qui achètent de la nourriture le font souvent à l'épicerie sociale.
Pour les déplacements :
C’est la marche à pied qui est privilégiée pour 52 % car les temps de déplacements sont dangereux pour eux à cause des contrôles possibles. Contrôleur et police sur les courts trajets, contrôleur et Police de l'Air et des Frontières sur les longs trajets.
32 % utilisent le bus lorsqu'ils peuvent acheter un ticket
23 % pratiquent le co-voiturage
13 % utilisent le vélo
6 % prennent le train
1 seul a une voiture
Pour la santé :
Certaines malades chroniques ne sont pas soignés. Ce sont des maladies (3 donc 10%) dues essentiellement à une mauvaise alimentation et une mauvaise hygiène : diabète, tuberculose..
12 personnes soit 39% n'ont aucun moyen pour se soigner ; dont une est soignée gratuitement par un médecin, 2 empruntent une carte vitale lorsqu'elles sont trop malades
9 personnes soit 29% ont l' Aide Médicale d' Etat
10 personnes soit 32% ont la CMU.
On voit bien que le droit à l' A M E, droit pour TOUTE personne vivant sur le territoire français depuis 3 mois., n'est pas utilisé par manque d'informations et parce que certaines personnes ont peur d'être arrêtée pendant les démarches.
Les ressources :
Elles vont de 0 à 1000 euros selon les possibilités de travailler ou non.
20 personnes soit 64 % déclarent travailler de façon informelle.
4 personnes soit 13 % reçoivent l’ ATA (Allocation Temporaire d'Attente = 202 euros pour une personne seule, 311 euros pour 2 personnes
moins les retenues diverses, de caution notamment lorsqu'il y a hébergement au CADA ou pour la rémunération de l'avocat, les transports à Paris obligatoires.....)
4 personnes soit 13 % sont aidées par le conseil général avec l’aide exceptionnelle à l’enfance.
Si elles avaient plus de ressources :
48 % des personnes interrogées voudraient surtout améliorer leurs conditions de logement (indépendance, aménagement)
Ensuite 13 % voudraient améliorer leur nourriture et 13 % voudraient aussi satisfaire les besoins des enfants (scolarité, loisirs)
Au vu de ces résultats, le groupe décide de faire des propositions pour permettre l'amélioration de quotidien et s'engage à y travailler , comme
pour le logement,
travailler sur une convention entre hébergés et hébergeurs car la seule bonne volonté ne suffit pas pour que des relations paisibles s'instaurent entre les deux parties,
pour l'alimentation,
discuter avec des producteurs locaux pour qu'ils donnent leur sur-production, avec les AMAPE ou autres systèmes de panier pour instaurer des tarifs au quotient familial.
pour la santé,
faire connaître par les réseaux que nous connaissons les droits à l' AME
Le groupe décide aussi de faire deux revendications auprès du conseil général :
– –Nous demandons aux élus du conseil général de prendre la décision de faire connaître, par le biais de ses services sociaux, les droits existants dans notre pays et qui ne sont pas ou mal utilisés par les personnes concernées : l' AME par exemple, mais aussi les aides financière de l' Aide sociale à l' Enfance lorsque des enfants sont concernés, des possibilités d'aide financière et de gratuité dans les cantines des collèges et pour les frais de scolarité.
–Nous demandons aussi aux élus du conseil général de faire bénéficier aux personnes en demande de papiers ou sans papiers des aides générales du département comme le ticket de bus à 1€ qui est proposé aux personnes qui ont des minimas sociaux mais pas à ceux qui n'ont rien.
–Dossier remis aux conseillers généraux le 30 juin 2010 par le collectif pour la dignité et contre la pauvreté.
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